Suivi et rétablissement à long terme

Malheureusement, se séparer d’une relation violente ou quitter un environnement violent ne signifie pas que la violence ou ses effets prennent fin immédiatement. Tristement, la violence peut parfois continuer même après la séparation, et son impact peut être profond et très dommageable. Le rétablissement de la personne survivante peut prendre beaucoup de temps. Cependant, l’aspect réconfortant est qu’une étape importante vers une vie meilleure a été franchie et qu’il est possible de se remettre de la violence.

Le suivi commence principalement par assurer la sécurité

Le suivi commence principalement par assurer la sécurité. Sous tous les angles, il faut réfléchir à la manière dont la violence pourrait encore s’immiscer dans la vie de la personne survivante. Le logement est-il sûr et, si nécessaire, tenu secret ? La sécurité peut signifier que l’appartement ne se trouve pas au rez-de-chaussée, que personne ne peut accéder à la porte (la porte d’entrée est-elle verrouillée ?) et qu’il y a une chaîne de sécurité ou une serrure renforcée. L’adresse peut rester confidentielle, le lieu ne doit pas être partagé et les trajets quotidiens doivent varier. Même ces mesures à elles seules peuvent apporter un sentiment de sécurité.

Si des enfants sont concernés par la situation

Si des enfants sont concernés par la situation ou la famille, il est important de faire appel aux services de protection de l’enfance. Les professionnels de la protection de l’enfance sont formés et expérimentés pour gérer des situations où la sécurité peut être menacée. Il est donc très important de suivre leurs recommandations de manière constante. Une seule exception peut compromettre l’ensemble.

S’il y a eu un crime

Si une personne a été victime d’un crime, il est conseillé de déposer une plainte auprès de la police et, si la menace persiste, il est judicieux de demander une ordonnance d’éloignement.

Quand une personne se sent en sécurité

Lorsqu’une personne se sent en sécurité et que la violence ne l’atteint plus, il devient possible de commencer son propre chemin de rétablissement. Le rétablissement peut se développer lorsque l’on n’est plus en mode survie et que toute l’énergie et les ressources ne sont plus consacrées à lutter pour la vie et le bien-être. Le rétablissement prend du temps, mais chaque jour est un pas en avant.

Au fur et à mesure qu’une personne guérit de la violence, elle apprend constamment de nouvelles choses

Au fur et à mesure qu’une personne guérit de la violence, elle apprend constamment de nouvelles choses. Elle peut faire des choix dans sa vie quotidienne, ce qui peut sembler difficile. Il peut être difficile de décider quoi acheter au magasin ou quoi manger lorsque quelqu’un d’autre a pris ces décisions pendant longtemps. Il est utile de prendre des décisions et d’essayer de nouvelles choses. Les personnes évoluent tout au long de leur vie et acquièrent de nouvelles compétences. Par exemple, si quelqu’un n’a jamais utilisé un ordinateur ou des services bancaires, il peut apprendre à le faire. Apprendre de nouvelles choses renforce également l’estime de soi et la confiance dans le fait que l’on peut gérer sa propre vie.

Les personnes survivantes de violence peuvent souffrir de cauchemars

Les personnes survivantes de violence peuvent souffrir de cauchemars pendant longtemps et de divers troubles du sommeil. Il est important de ne pas y faire face seul — les professionnels de santé peuvent apporter une aide précieuse. Le sommeil est la base du bien-être, il est donc important de s’y attaquer de manière systématique. Pendant la journée, il est bon de sortir, de travailler, d’étudier ou de participer à d’autres activités significatives, de manger sainement, de faire de l’exercice et d’entrer en contact avec d’autres personnes. Le rôle des autres dans le rétablissement ne doit pas être sous-estimé. Lorsqu’une autre personne vous écoute, vous sourit et échange avec vous dans une conversation réciproque, vous êtes vu et valorisé. L’interaction nourrit l’être humain.

Si vous vous sentez seul(e)

Si vous vous sentez seul(e), il est bénéfique de rejoindre un groupe d’activités qui vous intéresse ou de parler avec d’autres parents à la crèche ou à l’école, avec des enseignants, des caissiers, des voisins ou des collègues — la vie quotidienne regorge d’occasions de créer du lien.

Parler de ses expériences aide de nombreuses personnes

Parler de ses expériences aide de nombreuses personnes. En parlant, une personne organise ce qu’elle a vécu, donne à l’expérience une forme plus gérable, libère ses émotions et reçoit souvent de l’empathie et des encouragements de la part de son interlocuteur. L’interlocuteur peut également reconnaître l’intensité de l’expérience. On peut parler à ses proches, mais parler avec un professionnel présente des avantages. Un professionnel sait poser les bonnes questions adaptées à la situation et au processus de survie, et peut guider une personne vers l’autonomisation et l’avancement. Garder ses expériences secrètes peut être très lourd, et briser ce silence a énormément aidé de nombreuses personnes. Lorsque l’on peut parler de quelque chose, on peut aussi commencer à y faire face.

Il est également normal de faire une pause dans le fait de parler

Il est également normal de faire une pause dans le fait de parler. Parfois, il est utile de se concentrer sur la vie pratique, les tâches quotidiennes, les activités agréables et le fait de vivre selon ses propres valeurs. Si l’on a rêvé de commencer un loisir, cela vaut la peine de s’y consacrer. Les valeurs peuvent être clarifiées en les écrivant et en les comparant à la manière dont elles se reflètent dans la vie quotidienne — si l’on consacre du temps aux choses importantes ou non. Vivre selon ses valeurs signifie vivre en accord avec son moi authentique, qui peut avoir été perdu sous le poids de la violence. Une personne peut avoir changé à certains égards à cause de ce qu’elle a vécu.

Il est utile de réfléchir aux effets de la violence
  • Qui étais-je avant la violence?
  • Qui suis-je maintenant?
  • Que pense-je actuellement de différents aspects de la vie?
  • Qu’est-ce que j’accepterai comme faisant partie de ma vie à l’avenir, qu’est-ce que j’attends et quels types de relations veux-je avoir?
De nombreuses personnes peuvent craindre d’entamer une nouvelle relation

De nombreuses personnes peuvent craindre d’entamer une nouvelle relation. Une personne ayant vécu de la violence peut craindre que ses expériences se répètent avec quelqu’un de nouveau et peut avoir des difficultés à faire confiance et à se montrer vulnérable, ce qui fait partie d’une nouvelle relation. Il est important de se rappeler qu’il s’agit maintenant d’une personne différente et de lui donner une chance. Elle n’est pas responsable de la violence commise par quelqu’un d’autre. Bien sûr, il est judicieux de rester attentif aux signaux d’alerte.

Une nouvelle relation sûre et aimante peut être très réparatrice

Une nouvelle relation sûre et aimante peut être très réparatrice. C’est comme guérir les blessures que l’on a subies. Dans une relation, on est valorisé, respecté, soutenu et aimé. Une personne ayant vécu de la violence apprend souvent à apprécier une relation sûre.


Cependant, si une personne constate qu’elle entre de manière répétée dans des relations nuisibles ou qu’elle souffre encore fortement des traumatismes même des années plus tard, il est conseillé de consulter un thérapeute pour traiter ces expériences. Il est normal de réagir et de se remettre de la violence sur plusieurs mois, voire quelques années, mais si l’on se sent complètement bloqué, un professionnel peut apporter une aide importante. Il existe des thérapeutes spécialisés dans les expériences de violence et les traumatismes. Des conseils pour accéder à une thérapie sont également disponibles via les services de santé.

Sortie rapide
Feedbackexternal link icon